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Saviez-vous que?–Did you know?

 

Chateaubriand à Oxford

 

Durant l’été 1799, Chateaubriand, mélancolique, voyage en Angleterre. Il évoque son bref séjour à Oxford dans ses Mémoires d’outre-tombe :

« Nous nous arrêtâmes deux jours à Oxford. Je me plus dans cette république d’Alfred le Grand [1]; elle représentait les libertés privilégiées et les mœurs des institutions lettrées du moyen âge. Nous ravaudâmes[2] les vingt-cinq collèges, les bibliothèques, les tableaux, le muséum, le jardin des plantes. Je feuilletai avec un plaisir extrême, parmi les manuscrits du collège de Worcester, une vie du Prince Noir, écrite en vers français par le héraut d’armes de ce prince.

Oxford, sans leur ressembler, rappelait à ma mémoire les modestes collèges de Dol, de Rennes et de Dinan. J’avais traduit l’élégie de Gray sur le Cimetière de campagne :

The curfew tolls the knell of parting day[3].

Imitation de ce vers de Dante :

Squilla di lontano

Che paja ’l giorno pianger che si muore ?[4]

Peltier s’était empressé de publier à son de trompe, dans son journal, ma traduction [5] ».

Chateaubriand méditant sur les ruines de Rome

Tableau peint en 1808 par Anne-Louis Girodet-Trioson  


[1] On sait que la légende attribue à Alfred le Grand (v. 849-899) la fondation de l’Université d’Oxford.

[2] Employé ici au sens (rare) de « fouiller dans », « rechercher dans ».

[3] Gray, Élégie sur un cimetière de campagne. Vers ainsi traduit par Chateaubriand :

                « Dans les airs frémissants j’entends le long murmure

                De la cloche du soir qui tinte avec lenteur »

[4]  Dante, Purgatoire (VIII, 5) : « [Le voyageur entend] la cloche au loin qui semble pleurer le jour qui meurt ».

[5] Sainte-Beuve, qui jugeait sévèrement les vers de Chateaubriand, le situe toutefois bien au-dessus de Marie-Joseph Chénier dans la traduction du Cimetière de Gray. (Cette traduction a été insérée par Chateaubriand  dans le tome XXII de ses Œuvres complètes.)

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Saviez-vous qu'au moins 30% des mots de la langue anglaise  viennent du français?

Dans le vocabulaire courant, on estime la part des mots d’origine française à plus de 30%. Cette  proportion augmente lorsque le vocabulaire utilisé est plus recherché.

Inversement, les mots les plus communs sont en fait largement germaniques.  Philip Durkin, éminent étymologiste, explique dans une entrevue accordée à French in Oxford, que les mots scientifiques sont souvent créés à partir d'éléments grecs et latins, éléments également communs  au français, et donc semblab

les dans les deux langues.  D'ailleurs, l'utilisation de l'anglais nous apprend vite qu'à mesure que les mots se précisent ou se compliquent, les traductions se simplifient pour les Français.  N'avez-vous jamais tenté "megaloman...euh...ic?" dans une conversation avec un anglophone dans l'espoir de tomber juste, pour apprendre avec satisfaction que vous y étiez presque (megalomaniac)?

L'influence directe du français sur l'anglais en général est considérable, et s’étale sur plusieurs siècles.  War, par exemple, est un dérivé de werre, emprunté au vieux français de la côte normande (donc pré-XVème), qui a donné plus tard "guerre" en français.  Money, qui apparait au XIIIème siècle, est une transposition de moneie, encore une fois du vieux français, qui voulait dire "pièces frappées".  "Monnaie" en français, est donc plus proche de son sens originel.

Près de 1000 ans d'influence 

C'est Guillaume le Conquérant qu'on peut remercier pour cet apport initial du vieux français à la langue anglaise.  Avec la conquête de 1066 (illustrée par la magnifique Tapisserie de Bayeux au dessus), les Normands apportent  avec eux un vocabulaire qui prend lentement mais sûrement sa place en Angleterre.   À l'époque, la langue anglaise (Old English) est un mélange  essentiellement d’origine germanique, conséquence des invasions anglo-saxonnes.  Dans les siècles  suivant l'invasion normande, la grammaire perd certaines de ses caractéristiques germaniques. La langue anglaise emprunte abondamment au français et au latin.

Les trilingues d'Angleterre 

Au Moyen-Àge, le français (ou sa version anglaise, l'anglo-normand) était aussi parlé à la Cour, dans les milieux professionnels, et s'était imposé comme langue des affaires.  De plus, puisque la lingua franca de l'Europe était le latin, surtout dans le monde académique et religieux, les Anglais exerçant de hautes fonctions (donc une minorité) étaient forcément multilingues!  Les emprunts au français sont très importants du XIIIème au XVIème, et même si le nombre de mots français décline à la fin du Moyen-Àge, la culture française de la Renaissance conserve une place importante et influence le discours plus littéraire.  Parallèlement, l'anglais de standardise et se répand à travers l'Angleterre.

Tracer les origines

Il n'est pas toujours évident de tracer l'origine des mots.  Durkin le souligne : l'origine de certains mots est évidente, comme royal ou money.  D'autres ne le sont pas.  Il donne l'exemple du mot anglais preserve :  "Le mot pourrait venir du français "préserver" ou du latin preservāre, les deux pouvant expliquer la forme et plusieurs des significations du mot anglais originel". 

Certains mots ont passé la Manche plusieurs fois dans leur histoire.  Dans son livre The Oxford Guide to Etymology (Oxford University Press, 2009), Durkin donne l'exemple fascinant de l'histoire du mot presence en anglais.  D'abord passé en Anglo-normand pour désigner l'apparence physique, il est réemprunté sous différents sens plusieurs fois jusqu'au XVIème siècle, où il est adopté dans la forme verbale pour dire "présenter une production" (théâtrale, par exemple).  Autre curiosité étymologique: tunnel, en anglais, vient du français "tonnelle" (XVème).  Mais, chose intéressante, il est repris sous sa forme anglaise en français, et devient notre "tunnel" (XIXème). 

 Une chose est sûre, malgré l'influence du français sur l'anglais, pour nous,  francophones, Shakespeare est toujours aussi difficile à comprendre! 

 

Florence Rossignol

 

 

 

 
   

 

Hyppolite Taine

   

Hippolyte Taine (1828-1893), philosophe et universitaire français, visita Oxford en 1871 et livra ses impressions dans Notes sur l'Angleterre.

En France, dans le dernier tiers du XIXe siècle, époque durant laquelle l’éducation était le sujet de l’heure, de nombreux visiteurs français passaient par Oxford, curieux de découvrir le fonctionnement de l’ancienne université.

Parmi eux, Hippolyte Taine (1828-1893), philosophe et universitaire ayant eu une grande influence sur le monde littéraire français. En 1872, il publia Notes sur l’Angleterre, qui contient un chapitre décrivant sa visite à Oxford l’année précédente. Du point de vue touristique, ses impressions étaient plutôt favorables : “tout l’ensemble, ville, bâtiments, paysage est admirable… On est si bien parmi les vieilles choses!”.

Observant les étudiants, il trouvait que ceux-ci ne travaillaient pas beaucoup : tous les cours finissaient dès midi, et les après-midi étaient consacrés à l’obsession anglaise – le sport.  Etonné de cette différence avec le système français, Taine pensait néanmoins pouvoir l’expliquer : cela tenait, selon lui, à la différence entre les deux systèmes éducatifs, qui engendrait une différence de tempéraments. Le système éducatif français encadre sévèrement les collégiens, au point de les étouffer, écrivait-il. Leurs longues heures d’ennui leur “échauffe l’imagination”, en sorte que, débarquant comme étudiants à Paris, libres de contraintes, ces jeunes gens se livrent à toutes sortes d’activités déplorables... Au contraire, observait Taine, en Angleterre, “l’adolescent, en devenant jeune homme, ne passe pas d’une discipline claustrale à une indépendance complète ; le passage est ménagé”. À Oxford, ayant pris l’habitude de la liberté comme collégiens, les étudiants auraient ainsi été d’autant moins séduits par le libertinage, qu’Oxford, était une petite ville sans beaucoup de distractions, ajoutait-il… 

Christina de Bellaigue, Exeter College, Oxford

 
   

 


Waddesdon Manor

 

Did you know that only half an hour away, lies a treasure of French architecture and art?

Saviez-vous qu'à une demi-heure d'Oxford, se trouve un bijou d'architecture et d'art français?

 

It would be easy to mistake Waddesdon Manor for a Loire Valley Château were it not tucked away in Buckinghamshire.  It was, in fact, built in the late 19th Century for Baron Ferdinand de Rothschild (1839–1898), a great admirer and collector of French 18th Century art, to entertain his guests.  Gabriel-Hippolyte Destailleur, the architect of Waddesdon, also had a marked penchant for the style of the period.  He oversaw the restoration and redesign of the Château de Courances and Vaux-le-Vicomte.  The inspiration for the towers at Waddesdon came from the Château de Maintenon, and the North twin staircase towers were inspired by the staircase tower at the Château de Chambord.  While the style is Neo-Renaissance, 19th Century comforts were integrated.  Guests entertained by the Baron had the benefits of hot running water and central heating. 

Today the property is owned by the National Trust.  In 2007–08 it was the National Trust's second most visited paid-entry property, with 386,544 visitors.

For one interested in the art of this era, the Manor has much to offer.  The collection of French 18th century decorative arts is quite exceptional: furniture, porcelain and Savonnerie carpets.  If you are visiting with children, don't miss the adventure park and the elegant aviary. 


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