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Portraits de français à Oxford–
Profiles of French people in Oxford
#2 Linda Gil

Linda Gil Le multilinguisme, c'est une histoire de famille pour Linda Gil, professeur de littérature française à l'école européenne de Culham. Son père, un véritable polyglotte, avait comme langue maternelle le ladino, une version hispanisée de l'hébreu, et qui ressemble fortement à du vieil espagnol. "C'est quand j'ai lu Cervantès que j'ai un peu mieux compris la langue de mon père", se souvient-elle. Dans sa famille on a aussi parlé l'arabe, le français, l'anglais, l'espagnol, un peu de grec, de turc, d'allemand et d'hébreu. Quant à Linda Gil elle-même, née en France, elle maîtrise le français, l'espagnol, l'anglais et a "réappris un peu" l'arabe. Ce n'est donc pas un hasard si elle enseigne aujourd'hui dans une école multilingue. Après des séjours en Turquie, à Djibouti et au Costa Rica, elle est maintenant professeur de français à l'école europénne de Culham, où certains élèves peuvent apprendre jusqu'à cinq langues. Les trois sections, français, anglais, allemand, sont scolarisées dans une de ces trois langues, mais dès le primaire, une autre langue est introduite, une heure par jour. Au secondaire, graduellement, certaines matières sont enseignées dans la seconde langue. Au programme de Linda Gil pour la section anglaise cette année: le mythe de Don Juan, un personnage visité par de nombreux auteurs européens, de Tirso de Molina, à Byron en passant par Molière. "Nous travaillons encore un peu la langue, mais à ce niveau-là ce sont des cours de littérature, pas de langue." Le futur de l'école est malheureusement incertain. L'Union Européenne, qui avait ouvert l'école pour les employés de l'entreprise Jet, retire ses fonds. Une fermeture de l'école européenne est donc planifiée, mais les échéances sont floues. "On essaie de rester positif, mais il y a une grosse incertitude". Le plan actuel serait de réouvrir une école axée sur les langues, sous la forme d'une "academy". Pour Linda, le départ serait difficile. "J'aime beaucoup Oxford. J'adore la ville, l'université, l'architecture." Le monde académique la fascine et elle-même n'a pas pu résister à l'attrait universitaire. Elle prépare une thèse sur Voltaire, un auteur méconnu, selon elle, malgré sa popularité. Le travail d'édition originale, explique-t-elle, a gommé plusieurs aspects de son œuvre et en a "momifié" d'autres. "L'œuvre est monumentale", et on sent qu'elle prendra un vif plaisir à la redécouvrir.
Le questionnaire de French in Oxford - Linda Gil
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#1 Luc Borot

| Luc Borot et les "experts de la complexité" de la Maison Française .
« La Maison Française est le seul institut de recherche de son genre à Oxford » m’annonce fièrement Luc Borot, Directeur de la Maison Française. On sent d'ailleurs une certaine originalité dès le contact avec la Maison Française (outre les moustaches très gauloises du directeur). L’architecture moderniste du bâtiment contraste sans complexes avec le style victorien de la rue de North Oxford où elle se trouve. Le centre lui-même est voué à la recherche, une recherche interdisciplinaire dans l’ensemble des champs des sciences humaines et de la société. Elle est pilotée par les chercheurs CNRS de la Maison Française et les partenaires dans l’Université d’Oxford. Le questionnaire de French in Oxford - Luc Borot • Aspect préféré de la vie à Oxford? • Endroit préféré à Oxford ou ses environs/en France? • Mot ou expression anglaise préféré(e) ou destesté(e)? • Livre ou film préféré en anglais/en français ? • L’anglicisme ou l'expression française que vous avez du mal à éviter? |
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