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En France en ce moment–In France today


Anna Galvada: un autre petit bijou

 

L’échapée belle, Anna Gavalda (Ed. Le Dilettante)

 

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Résumé du livre

Simon, Garance et Lola, trois frères et soeurs devenus grands (vieux ?), s'enfuient d'un mariage de famille qui s'annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d'un château pendu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s'offrir une dernière vraie belle journée d'enfance volée à leur vie d'adultes. Légère, tendre, drôle, L'Echappée belle, est un hommage aux fratries heureuses, aux belles-soeurs pénibles, à Dario Moreno, aux petits vins de Loire et à la boulangerie Pidoune.

 

Critique

Comme toujours Anna Gavalda arrive à nous émouvoir, nous faire rire, nous faire réfléchir en nous parlant de sentiments ordinaires, d’émotions minuscules qui tissent furtivement la toile de nos vies. Elle est sensible mais ne tombe jamais dans la sensiblerie. C'est une funambule de la prose, habile à saisir l'insaisissable, qui trouve toujours le mot juste et l'expression qui fait mouche. Voilà un livre à la fois tendre, amer, mélancolique et joyeux. On en sort, comme souvent avec elle, avec une sensation bizarre, qui mêle mélancolie et joie, comme la nostalgie d'un temps pas encore perdu. En tout cas, un grand merci à elle, ce sentiment, c'est un grand bonheur!

Gaelle Jamar

Février 2010

 
   


La plume des Présidents

 

La rentrée littéraire en France a été marquée par la publication de deux ouvrages dus à des anciens présidents de la République : un roman pour Valéry Giscard d’Estaing, de l’Académie française ; des Mémoires pour Jacques Chirac.

Le premier roman de Valéry Giscard d’Estaing, Le Passage (1999), avait été diversement apprécié. Renaud Matignon, dans le Figaro littéraire de l’époque, avait décrit l’auteur comme « un Maupassant qui aurait fait la connaissance de la comtesse de Ségur, ou un Grand Meaulnes qui aurait croisé Bécassine »… Le second roman de l’académicien, La Princesse et le Président , a reçu un accueil pour le moins mitigé de la part de la critique. En effet, chacun a immédiatement voulu reconnaître, dans les héros de ce roman, Giscard lui-même et Diana, princesse de Galles… L’auteur s’en est vivement défendu, mais le mal était fait.Les humoristes et les chansonniers se sont emparés de l’affaire pour éreinter cette bluette. Les célèbres imitateurs Nicolas Canteloup et Laurent Gerra, surtout ce dernier, n’ont pas hésité à présenter Giscard comme un vieillard sénile et libidineux. Un cénacle de journalistes a même décerné à l’ancien chef de l’État le prix littéraire "Trop Virilo", qui récompense « la plus vivace poussée de testostérone de l'année »…

De son côté, Jacques Chirac a publié peu après le premier tome de ses Mémoires , qui se clôt en 1995, date de son élection à la présidence de la République. L’ouvrage se lit agréablement, même s’il n’apporte que peu de révélations.  On sait que les relations entre les deux anciens présidents sont  tendues  – c’est un euphémisme. Giscard, en effet, n’avait pas été très aimable avec son ancien premier ministre dans ses propres Mémoires (« Le pouvoir et la vie », 3 vol.). À mots à peine couverts, il l’accusait, entre autres nuisances et méfaits,  d’avoir saboté sa réélection  en 1981.Chirac vient de lui rendre la politesse. Évoquant ses souvenirs de 1969, quand il était secrétaire d’État au Budget, il décrit férocement Giscard, alors ministre des Finances : « Homme d’étiquette et de préséances, il s’emploie d’emblée à me signifier sa primauté hiérarchique, celle-ci allant de pair avec la haute idée qu’il se fait de sa supériorité intellectuelle. J’ai très vite compris que, dans son échelle de valeurs, il y avait lui-même, tout en haut, puis plus rien, et enfin moi-même très en dessous »… On n’est pas plus aimable. Et pour situer le niveau de leurs relations présentes, il ajoute, dans un autre chapitre : « Un jour, Giscard assurera “avoir jeté la rancune à la rivière”. Mais, ce jour-là, la rivière devait être à sec, tant cette rancune est demeurée chez lui tenace et comme inépuisable »…Les Mémoires de Chirac font un véritable tabac en librairie. On n’en dira pas autant de La Princesse et le Président, tant ce roman a été, peut-être injustement, brocardé.

Simplet
12 novembre 2009

Valéry Giscard d’Estaing, La Princesse et le Président, Éditions de Fallois, 2009, 264 p. 19 €

Jacques Chirac, Chaque pas doit être un but. Mémoires, tome 1,  Éditions NiL, 2009, 504 p. 21 €

 
   

 

Le dernier livre d'Orsenna

 

 

Après avoir écrit une indigeste thèse de doctorat  sur  Les mouvements de capitaux à court terme sous la direction de l’austère professeur Raymond Barre, Erik Orsenna, ancien élève de « Science-po » à Paris  et de la London School of Economics, est devenu professeur d’économie. Conseiller à la présidence de la République, où il était une des « plumes » du président François Mitterrand, il s’est tourné vers la littérature.  Auteur de divers ouvrages, dont L’exposition coloniale (prix Goncourt 1988), il a été reçu à l’Académie française en 1998 au fauteuil du commandant Cousteau. Cet amoureux de la langue française, qu’il caresse avec beaucoup de tendresse et d’humour (La grammaire est une chanson douce, 2001 ; Les chevaliers du subjonctif, 2004 ; La révolte des accents, 2007),  vient d’ajouter à cette série Et si on dansait, (Stock, août 2009 14,50€).On en trouvera quelques extraits sur son site Internet (www.erik-orsenna.com), où il fait une large place au dialogue avec les enfants. À l’usage des adultes, il y délivre une profession de foi, à laquelle on souscrit volontiers : « Mon ambition est folle : que l’Éducation nationale accepte de remettre en cause son enseignement du français. La rigueur n’implique pas le jargon. Et le respect n’empêche pas le plaisir. » Mais qui donc aura enfin le courage de s’attaquer au « Mammouth », ce bastion de tous les conservatismes ?

Simplet

 
   


 

 

 

 

 

 

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